‘’Parents, cessez ces comportements vis-à-vis de vos enfants’’ Les enfants sont souvent victimes de maltraitances psychologiques qui nuisent gravement à leur épanouissement. Comparées aux brutalités physiques et autres sévices sexuelles, ces sévices psychologiques ne sont ni dénoncées, ni reconnues.
Pire, elles sont parfois considérées comme une forme d’éducation. Pourtant, même si elle n’est pas palpable, la maltraitance psychologique, tout comme les autres formes de violences physiques, est un acte préjudiciable qui peut avoir des conséquences pernicieuses dans la vie de l’enfant. Malgré ces séquelles psychologiques, cette forme de maltraitance continue de sévir et est impunément pratiquée dans nos sociétés. Mais qu’est-ce qui peut bien expliquer le silence de la société résolument engagée en faveur de la défense des droits de l’enfant ? Est-ce la méconnaissance de la maltraitance psychologique des enfants ou l’ignorance des manifestations et séquelles psychologiques de cette brutalité ?
Ce qu’est la maltraitance psychologique
La maltraitance psychologique regroupe toutes les formes de violences psychologiques infligées à l’enfant par ceux qui s’occupent de son éducation ou qui ont une autorité sur lui. Ce sont des actes dommageables, de mauvais traitements, des agressions qui peuvent revêtir diverses formes sur le plan psychologique. Au niveau verbal, les sévices psychologiques sont principalement des actes de dévalorisations. Il s’agit de tout propos qui dénigre, dégrade et dévalorise l’enfant. En l’insultant, en le ridiculisant ou en le traitant de laid, de stupide, de vaurien, les éducateurs infligent une douleur psychologique à l’enfant sans le savoir. Ces discours tendent à rabaisser ses capacités, ses compétences et les critiques relatives à son existence, à son aspect physique ou à son état mental constituent des coups nuisibles à l’intégrité psychologique de l’enfant.
‘’Tu es nul’’, ‘’tu es laid’’, ‘’tu es bon à rien’’ sont des exemples de propos humiliants qui lui causent des torts tout comme les propos menaçants. Les parents qui effrayent leur enfant à travers les menaces d’abandon, de brutalité ou de meurtre, sème la terreur. Ces parents ne sont pas loin d’être des terroristes psychologiques qui perturbent la santé mentale de leur progéniture.
Au niveau affectif, l’enfant est également victime de violences psychologiques. Il subit ainsi de plein fouet toutes les formes de négligence, de privation ou de rejet affectif. Dans un tel registre, il est ignoré, les éducateurs n’entretiennent aucune relation avec lui. Privant ainsi l’enfant d’attention, de considération, de communication, de soins ou d’amour. L’enfant est enfermé dans une prison affective dans la mesure où il est isolé, il n’a pas d’échange verbal ou affectif avec ses proches. Il est privé de chaleur humaine, de lien avec sa famille, ses amis. Ces pratiques d’isolement sont malheureusement des pratiques ou méthodes éducatives infligées à l’enfant sous forme de punition. Toute chose qui constitue des comportements éducatifs inadaptés, voire pernicieux psychologiquement. Au niveau des comportements éducatifs, il faut également déplorer les nuisances psychologiques qui sont le fait des agissements des adultes. Car ceux –ci sont les auteurs de la souffrance émotionnelle des enfants en : - les exposant à des scènes de violences physiques ou verbales comme par exemple le fait d’agresser physiquement ou verbalement leur mère ; - en les encourageant à des actes répréhensibles (toxicomanies, alcoolisme, prostitution…) - en les obligeant à accepter des idées ou des pratiques contraires aux bonnes mœurs : la corruption qui dégrade la pudeur de l’enfant. Toutes ces formes de maltraitance ne sont pas sans effets. Elles ont des répercussions dans la vie de l’enfant.
En voici les conséquences Les conséquences de la maltraitance psychologique sont d’ordre psychologique, social, moral, somatique et psychosomatique. Au niveau psychologique, la souffrance psychique endurée durant l’enfance constitue une blessure non cicatrisée qui engendre des troubles au niveau de l’intelligence, de la mémoire, de l’imagination, de la perception. Ce qui peut avoir pour corollaire un retard mental, des résultats scolaires médiocres, l’échec scolaire. Ces sévices psychologiques troublent à bien des égards l’identité de l’enfant. L’enfant a une mauvaise image de lui même, de sa personnalité, de son intelligence à force d’entendre des propos tels que ‘’ tu vaux rien’’, ‘’tu es nul’’… Plus tard le comportement de l’enfant peut présenter des particularités dominées une prise de risque exagérée face aux dangers, de comportements de défense devant tout contact, une hyperactivité motrice, des conduites auto agressives ou même des tentatives de suicide. Tous ces comportements ne sont que l’aspect visible d’une vie intérieure troublée. Ces troubles fragilisent l’affectivité qui est dominée par un manque d’émotivité ou un désintérêt pour la société eu égard aux privations affectives dont il a été victime. Cette privation peut causer une absence d’affectivité, des troubles émotionnels avec une passivité émotive. Ce qui rend difficile tout attachement avec l’autre ou toute relation normale. Craintif, l’enfant aura tendance à se replier sur lui-même, à être introverti, peureux eu égard au climat de terreur dans lequel il a baigné durant son enfance. Comme on le voit, la vie intérieure de l’enfant perturbe sa relation sociale surtout lorsqu’il a été victime de l’isolation affective comme forme d’éducation privilégiée dans son milieu familial. Du coup, la société ne peut que déplorer la manifestation de comportement anti social dominé par l’agressivité et une hostilité à l’égard de l’autre. Car devenu adulte, l’enfant aura tendance à reproduire sur autrui ou dans la société les sévices psychologiques qu’il a subies, privilégiant l’agressivité comme mode d’échange social, s’identifiant aux parents qui l’ont ‘’nourri’’ de violence psychologique. Il ne serait donc pas étonnant d’entendre dans la société des propos irrespectueux, des comportements verbaux violents de la part de ceux qui ont vécu dans un climat psychologiquement violent. Toute chose qui favorise également le non respect des lois et des valeurs morales. Sur le plan moral, ces enfants ont tendance à sombrer dans des vices (toxicomanie, alcoolisme…) et à commettre des infractions de nature diverses ou des comportements délictueux eu égard à la faiblesse de leur capacité cognitive. Les bonnes mœurs ayant été corrompues, l’enfant ayant subi l’influence d’un milieu ou d’un évènement familial violent ne peut que développer des comportements non conformes aux valeurs morales. Il ne peut que reproduire les comportements verbalement agressifs ou soumettre sa progéniture à des sévices. Ainsi de génération en génération les vices se perpétuent et les bonnes mœurs sont mises en veilleuse. De tels comportements peuvent conduire l’enfant dans des centres d’accueil, de détention ou d’hospitalisation pour des troubles d’ordre somatique ou psychosomatique. Les attitudes violentes des parents ont des répercussions sur le bien être physique et mental de l’enfant. Car elles peuvent induire des souffrances somatiques : céphalées, troubles du sommeil (insomnies) avec ou sans cauchemars … mais également une symptomatologie psychosomatique : syndrome dépressif, anxiété, phobie… Les signes extérieurs d’une maltraitance psychologique sont donc visibles avec de graves conséquences physiques et mentales.
Les modes d’éducation ont souvent une connotation violente sur le plan psychologique. Les conséquences désastreuses des ces pratiques sont fonction du degré de violence et des capacités intrinsèques de l’enfant. Elles nuisent gravement au bien être mental, physique, relationnel et social de l’enfant. Les troubles qu’elles engendrent, méritent bien une sensibilisation au près des parents et des éducateurs. Et ce, dans le but de mettre un terme à la maltraitance psychologique, à certains propos et mode d’éducation (punition) apparemment non agressifs mais qui sont en réalité des formes de violences infligées à l’enfant sans le vouloir et sans le savoir. La défense des droits de l’enfant devrait également œuvrer pour le bien être psychologique et mental de nos progénitures. Pour ce faire, des actions de sensibilisation et même d’éducation doivent être entreprises pour mettre un terme à cette nouvelle forme de maltraitance.
Olivier BONY Psychologue
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