8000 Burkinabè naturalisés par l'Etat Les 8 000 Burkinabè ayant bénéficié de la naturalisation collective sous le règne d’Henri Konan Bédié n’auront plus de soucis à se faire passer avec succès la phase du contentieux sur la liste électorale. Le Journal officiel (JO) du mardi 2 janvier 1996 témoignant de leur nationalité ivoirienne a été, à nouveau, édité en plusieurs exemplaires, pour être transmis aussi bien aux tribunaux qu’aux communautés.
Ce sont au total 100 exemplaires de ce précieux document qui ont été réédités par le secrétariat général du gouvernement, à la demande du ministère de la Justice et des droits de l’homme, avec le concours du Haut commissariat pour les refugiés (HCR). Ce journal officiel de 226 pages publie en fait le décret n° 95-809 du 26 septembre 1995 portant naturalisation des personnes de nationalité burkinabè, originaires des villages de Garango, Koudougou, Koupela, Tenkodogo dans le département de Bouaflé et des villages de Kaya, Koudougou, Ouagadougou dans le département de Zuénoula. Le document a été réédité en cette période pour voler au secours de ces milliers de naturalisés d’origine burkinabé qui peinent à se faire délivrer un certificat de nationalité ou tout autre document d’identification. En effet, ils se heurtent à la difficulté de produire les preuves légalement requises, à savoir : l’ampliation du décret de naturalisation, qui n’a pas été délivré de manière individuelle à tous les naturalisés ou l’exemplaire du Journal officiel ayant publié le décret.
Pour contourner cette difficulté, les bénéficiaires dudit décret, qui souhaitaient obtenir un certificat de nationalité, faisaient, à partir des originaux du JO se trouvant dans chaque village, des photocopies des pages les concernant. Ces photocopies, souvent non-conformes à l’original, étaient rejetées par les hommes de loi. C’est donc pour aider tous ces naturalisés en difficulté, surtout en cette période de contentieux électoral, que le Journal officiel du 2 janvier 1996 a été réédité aussi bien en version papier que numérisée, sous-forme de CD comportant des verrous qui le protègent contre toute forme de modification frauduleuse. « Le document a été fait dans les conditions de sécurité possibles. Il n’y a rien à craindre, c’est un document fiable, sécurisé à 100 % », a rassuré le ministre Koné Mamadou. « Le HCR permet aux personnes concernées par le décret d’échapper à l’apatridie. S’il y a des problèmes concernant leur nationalité, ce document peut servir ; nous allons le mettre à la disposition de la Commission électorale indépendante », a-t-il ajouté.
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