‘’Pourquoi naturaliser des individus qui sont déjà Ivoiriens ? ’’ ‘’Mon combat n’est pas encore terminé’’ Intellectuel Ivoirien et Président de l’Union des jeunes d’origine burkinabè en Côte d’Ivoire (UJOBCI), Sankara Adama, trouve dans la naturalisation des 8000 Burkinabè un non-sens, voire une aberration. Il déduit que l’association qu’il dirige depuis plus d’une décennie ne peut encore dormir sur ses lauriers.
Bonjour Président Sankara. Des Burkinabè au nombre de 8000 sont naturalisés. En êtes-vous satisfait ? Un commentaire ? Merci à Ouaga.info, qui s’efforce d’être alerte et proche des populations. Il n’y a pas à verser dans l’euphorie. Ce n’est pas extraordinaire en soi. Et ce n’est pas en réalité ce que nous voulons. En réalité, ces 8000 concernés sont des Ivoiriens d’origine. La procédure de naturalisation existe déjà depuis la loi 61/415/du 14 décembre 1961, portant code de la nationalité ivoirienne. Présentés comme naturalisés, c’est comme si ces Ivoiriens le sont devenus, or ils le sont déjà.
Monsieur Sankara, l’on ne vous suit pas. Que voulez-vous dire exactement ?
Pourquoi naturaliser des gens qui sont déjà des Ivoiriens ? C’est ça la question. La nationalité telle que définit en droit, c’est le lien juridique existant entre un individu et un territoire. Je vous dis que ces 8000 individus dont il s’agit ont des villages en Côte d’Ivoire depuis des lustres avec des gouros, des agnis et des attiés à Bouaflé, Koudougou ,Tenkodogo. Croyez-vous que ces Gouros, Attié et Agnis ont été naturalisés ? Ils sont des Ivoiriens, point barre. Tel est le cas de ces 8000 personnes dont vous parlez. La nationalité, ce n’est pas une question d’ethnie et c’est regrettable que des gens continuent encore de faire cet amalgame.
Mais, quelle conséquence tirez-vous de cette fameuse naturalisation ?
Disons que cela permettra officiellement (puisque c’est inscrit dans le journal officiel) aux bénéficiaires d’avoir des papiers. Mais c’est dommage, beaucoup veulent y voir seulement le côté politique ou électoral. Les politiques ont de ce problème leur fond de commerce, ce qui rend complexe la résolution de la question.
Votre combat n’est donc pas terminé ?
Les autorités nous ont entendus, il y a des avancées mais notre combat n’est pas terminé. Nous demandons l’application de la loi. C’est ça la raison d’être de l’UJOBCI. Il faut que le droit de sol soit reconnu à ceux qui en ont droit parce que nés sous cette loi. Et la preuve de la nationalité sous le droit de sol est faite sur présentation de l’extrait d’acte de naissance ou du jugement supplétif. C’est tout.
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